THE MISSION

 
 

Issu d’une famille mormone à laquelle il préféra une vie dévouée au rock le plus sombre, Wayne Hussey se fit au connaître au début des années quatre-vingt en intégrant les rangs de Dead Or Alive, puis plus sérieusement avec les Sisters of Mercy avec lesquels il composa un album fondateur resté dans les annales, le venimeux « First and Last and Always », récemment réédité d’ailleurs.

Mais Wayne Hussey se sentira rapidement à l’étroit dans cette formation dont il n’est que l’un des rouages. Laissant au dictateur Andrew Eldritch les rênes de son entité mégalomane (ce dernier l’envoyant droit dans le mur après une poignée d’albums grandiloquents et aujourd’hui un peu vieillots), Wayne fondera The Sisterhood, rapidement rebaptisé The Mission (après une nuit arrosée en compagnie de son batteur Mick Brown). Avec ce groupe, il obtiendra gloire et reconnaissance quatre années durant, avant que le groupe ne tombe dans l’oubli (grandement à cause de l’incompétence de ses maisons de disques successives), pour mieux renaître de ses cendres (tel New Model Army, autre grand oublié des années 80 et aujourd’hui au top artistiquement parlant) ces dernières années, via des rééditions exemplaires et un magnifique dvd intitulé « Lighting the Candles » en 2005.

Définir The Mission n’est pas chose facile. Groupe new wave, gothique, parfois très proche de U2 dans les harmonies, le côté très pop de ses compositions et la voix héroïque de Wayne Hussey, pourtant pas un grand chanteur, mais avant tout un homme touché par la grâce et un romantisme exacerbé qui plaira tant aux corbeaux, tout ça faisant de The Mission un groupe terriblement attachant, malgré les nombreux changement de personnel durant les années.

Difficile aussi de donner un album de préférence durant ces vingt ans de carrière, même si « Carved In Sand », paru en 1990, est un putain d’album épique qui vous déchire le cœur à chaque écoute. Je me contenterai de vous donner quelques titres clés de la discographie de The Mission: « Amelia », « Sorry », Butterfly On A Wheel », « Dragonfly », « Into The Blue », « Deliverance » « Breath Me In », celà pour l’histoire plus ou moins récente de ce groupe de l’ombre qui, à l’instar d’un Marillion, navigue entre l’excellence et le grandiose sans soulever d’autres foules que celles de ses précieux fans de par le monde.

On notera aussi chez Wayne Hussey un certain talent à se réapproprier des standards établis, comme le « Never Let Me Down Again » de Depeche Mode, ou encore le « Can’t help Falling In Love With You » de qui vous savez et dont la version qu’il donne sur « Aural Delight » (une compilation d’inédits, sortie en 2002, que beaucoup de groupes souhaiteraient dans leur discographie officielle) est juste à pleurer.

Bref, The Mission est un groupe unique en son genre, tout comme The Cure, Wayne Hussey assurant avec une certaine dose de génie et un flegme tout britannique la survivance d’une certaine éthique de ce qu’est le rock, soit un concentré d’émotions terminales jouées avec passion et énergie.

Après une éclipse de quelques années, et quelques travaux solo de son leader, The Mission devrait retrouver les chemins des studios en 2007 pour enregistrer un nouvel album que l’on murmure déjà comme la somme de vingt ans d’expérience. Une bonne occasion de les découvrir pour tout ceux et celles qui ne les connaissent pas encore. Les autres, comme moi, n’ont plus qu’à se ronger les ongles en espérant seulement un album définitif et, pourquoi pas, le retour du groupe au premier plan de l’échiquier rock mondial.

http://www.themissionuk.com/wp/

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