brazen, l’interview exclusive

Trois ans après leur premier véritable album, « Orphaned », Brazen revient avec un album merveilleux d’ambiances et de sonorités, une sorte de rêve éveillé qui conduit l’auditeur aux confins du meilleur du rock progressif. Loin de l’indie-rock mais toujours avec le même état d’esprit, le groupe se réinvente au travers de « Aura, Dora », l’album de toute les audaces. Explication de cette petite révolution avec Thibault (chanteur-guitariste).

D’où vient ce titre, « Aura, Dora »?

C’était écrit sur le mur dans la cage d’escalier de notre guitariste, un tag avec un serpent qui disait: « kiss my aura dora ». On passait tout le temps devant et ça nous a inspiré le premier titre de l’album qui est finalement devenu le nom de l’album. ça collait bien à l’atmosphère générale du moment et à notre travail de groupe. La pochette est magnifique, tu peux nous en parler? C’est deux amis graphistes du groupe, Vincent Deroguin et Nicola Tadescheni, ils ont déjà participé à l’artwork de nos précédentes sorties (split avec Kevlar, EP, mini CD et LP). L’idée est que la photo de cette fille est un peu floue et qu’on la voit mieux à distance, malgré les incrustations artistiques sur l’image. C’est très pop en fait, on a pas voulu faire un album concept.

« Aura, Dora » est votre deuxième album, est-ce plus gratifiant, après dix ans d’existence officielle (onze en comptant la formation) de sortir dix morceaux à la suite?

C’est gratifiant, oui, mais c’est aussi la moindre des choses, car notre processus créatif est lent. Nous avons commencé l’écriture en 2003 et il nous a fallu six mois d’enregistrement pour en arriver au bout, c’est long. Pour ce qui est de la durée du disque par contre, dix titres, je trouve que c’est juste ce qu’il faut. Je déteste les albums interminables avec dix-huit morceaux.

Quelques changements de line-up depuis 1995… La formation actuelle de Brazen semble-t-elle stable à ton avis?

J’espère (rire). On étaient des ados aussi, on n’avait pas besoin de tourner, et puis notre premier batteur est partit en voyages et on a bien été obligés de le remplacer. Il y a eu également des raisons personnelles. On a un nouveau membre dans notre groupe, Michel qui est bassiste, et ça se passe bien au niveau de la composition. On forme vraiment une équipe. Vous avez changé de label, qu’est-ce que Saiko Records vous apporte par rapport à Stickman Records? Déjà la proximité, ils sont de Fribourg, et puis ils sont jeunes, motivés, réactifs, investis, ils réagissent plus vite et mieux, on sent bien qu’ils sont avec nous. Avant, les rapports étaient plus distants, nous n’étions pas une priorité mais plutôt la cinquième roue du carosse. Tu demandais un truc, on te répondait plusieurs jours plus tard.

Parlons du disque, il est moins rock, plus pop, mais surtout plus riche, plus ciselé, plus minitieux, les guitares plus aériennes… exit l’indie-rock qui déchire? evidemment, il y a une évolution, on n’a plus les mêmes envies et on veut évoluer ailleurs, mais si tu écoutes bien l’album par rapport au précédent, notre manière de composer n’a pratiquement pas changé. Au début, on cherchait la puissance en mettant les amplis sur dix, moins aujourd’hui, c’est juste plus subtil, mais hyper similaire.

On sent bien vos influences, My Bloody Valentine, les premiers Cure et les derniers Talk Talk, mais je suis étonné de retrouver le fantôme d’Elliott Smith sur cet album, particulièrement sur des titres comme « Ordinary Song » et « Fuzzy Cloud ».

C’est totalement involontaire de notre part, mais je le prends comme un compliment car Elliott Smith est pour moi l’un des plus grands songwriters de tous les temps et je ne pensais pas qu’on pourrait s’approcher de sa musique comme tu le dis. Radiohead? Oui, c’est une influence directe.Tout le mondre peut apprendre de ce groupe, cette manière hyper-intelligente de travailler. Nous n’avons pas encore un son reconnaissable entre tous, c’est plus dans les morceaux eux-mêmes. les mélodies et les harmonies. « Aura, Dora » sonne comme un album rêvé… Pourtant l’enregistrement fut tout sauf un rêve. Ce qui fait ce côté cotoneux et nocturne, c’est que le premier enregistrement avec notre ingénieur du son était nul, alors on est partis dans cet appart et là, on s’est lâchés, avec des claviers et des tonnes de grattes. le problème du précédent album, c’est que la guitare ne sonnait pas très riche. On a crée une atmosphère à nous, tout se prêtait à un truc dreamy, onirique, comme dans les films de Michel Gondry ou Tim Burton. Il y a carrément une section cuivres sur le dernier morceau de l’album (« The Escapist »). On retrouve des moments psychédéliques sur ce disque, du rock californien, les sixties, les Beach Boys, Love… Love, c’est clair! Et les Beach Boys évidemment. Moi, j’ai redécouvert les Beatles récemment, « Rubber Soul », « Revolver » et même après, c’est génial, hallucinant. Michel notre bassiste est aussi à fond là-dedans, mais tout le groupe en fait écoute pas mal de trucs anciens, tout en se tenant au courant de l’actu.

Vous serez en concert à l’Amalgame d’Yverdon le 24 novembre et à l’Ebullition de Bulle le 9 décembre (et plus le 2 comme annoncé!) avec Soften et vous venez de jouer à Genève pour la sortie de l’album, alors?

J’ai été étonné, je pensais qu’on existait plus (rires), mais 350 personnes se sont déplacées, c’était cool. Avec « Orphaned », on s’est bien baladé en Suisse Allemande et en Allemagne. Alors on va continuer. (FS)

www.brazen.ch

NOTE. cette interview a été partiellement publiée dans le numéro de décembre de daily rock, la version éditée ici est une retranscription complète et exclusive pour les seuls lecteurs de urban music.

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