woven hand live au romandie

Et à nouveau cette impression de retourner à l’église pour se confesser de ses péchés. En l’occurrence, l’église de ce soir, c’est la salle du Romandie et le prêtre en charge de donner la messe se nomme David E. Edwards, ancien frontman des déjà torturés 16 Horsepower. L’aventure terminée en 2005, notre homme a pu se consacrer pleinement à l’entité Woven Hand, allant encore plus loin dans ses délires évangéliques, comme en témoigne le bien nommé album « Mosaïc ».
Dès les premières notes, l’assistance se fixe dans un silence religieux. Les hommes de foi, arrivés par la petite chapelle, sont désormais réunis sur l’autel et leurs instruments nous plongent immédiatement dans le Sud profond des Etats Unis. La ferveur est à son comble, ce n’est plus le moment de rigoler, car la messe va être dite au milieu des ténèbres. Des notes des banjo résonnent, ainsi qu’une guitare sortie tout droite du purgatoire. Et que dire de cette batterie qui semble accordée sur les battement de cœur de Dieu?
16 Horsepower, en sont temps, exprimait déjà une certaine forme de confession des péchés, décrivait la faiblesse de l’être humain face aux tentations du monde, l’alcool, les femmes, le jeu, ce genre de choses… mais avec Woven Hand, un nouveau cap est franchi, car désormais plus rien ne semble en mesure d’être pardonné. L’auditoire est prit en otage de ses travers, de ses fautes, de sa culpabilité. Certains applaudissent, les fous… ils devraient prier plutôt prier.
Et puis soudain… sortant de la foule juste devant moi, un ange noir apparaît, séparant la foule sur son passage pour se diriger en direction du fond de la salle. Je la reconnait sans vraiment réaliser que c’est elle, mais le temps de m’en persuader, elle a déjà disparu dans la foule.
Sur scène, Edwards, assis depuis le début de la messe, continue de chanter avec la même ferveur dramatique. C’est beau, effrayant par instants, mais beau comme une communion, les chansons étant autant d’hosties sacrées délivrées aux fidèles réunis ce soir.
Après un rappel hanté, les lumières se rallument. Je cherche sans conviction l’ange noir aperçu plus tôt, en vain, puis me dirige en direction de la sortie sans passer par le confessionnal.

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