Le phénomène Suicide Girls

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Annie Sprinkle, l’illustre, et généreusement dotée par la nature, avocate de la pornographie féministe des années 70, n’aura pas prêché son message d’amour, de liberté et de tolérance dans le désert de l’indifférence. Une nouvelle génération de filles issues des mouvances gothique, punk rock et techno, s’apprête à prendre la relève en revendiquant haut et fort le droit de disposer de leur corps pour exhiber leurs tatouages aux yeux du monde entier.

Lancé en 2001 depuis Portland, une ville du nord-ouest des Etats-Unis réputée pour sa scène alternative très active, Suicide Girls illustre parfaitement cette tendance. Le site, bien que proposant de très nombreuses photographies et vidéos qui mettent en scène cette nouvelle lignée d’agitatrices dénudées, se distingue de la majorité des publications érotiques par l’authenticité, la joie et l’énergie qui s’en dégagent. On sent dès les premières pages qu’il ne s’agit pas simplement d’une succession d’étalages de chairs à vocation pécuniaire mais bel et bien du lieu de rendez-vous d’une petite communauté dont les modèles (plus de 2000) occupent fièrement la place centrale, chacune ayant sa propre page. Surtout, Suicide Girls est autant une entreprise qu’une marque, majoritairement contrôlée par des femmes et dont près de la moitié des abonné(e)s sont également des femmes.

Durant la dernière décennie, les Suicide Girls ont envahi la pop culture, ses modèles se retrouvant au génériques de nombreux programmes, documentaires, séries télévisées (Les Experts: Manhattan, Californication), quelques films de série B ou encore des clips vidéos (A Perfect Circle notamment).

Si certaines Suicide Girls sont passées à autre chose ou se satisfont d’une petite notoriété locale, d’autres en ont profité pour développer leur fan-base en mettant en avant leurs passions diverses, ainsi que leur physique, comme par exemple les jeux vidéos et le cosplay qu’affectionne la Suicide Girl Phecda, aujourd’hui plus connue sous le nom de Erica Fett et très active sur les réseaux sociaux.

Alternative féministe et rock’n’roll à une forme jusqu’ici jamais remise en cause d’exploitation masculine de la femme, Suicide Girls est aujourd’hui une affaire qui roule et qui n’est pas prête de s’arrêter.

 

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