INDOCHINE

S’il n’est plus temps de chroniquer « Alice & June », passionnant double-album aux consonnances new wave sortit en décembre dernier, qu’il me soit permit de revenir l’espace d’un billet sur le trajet récent de ce groupe
français qui ne semble décidemment susciter que deux réactions bien distinctes, un amour sans limite ou une détestation sans bornes, et ce depuis ses débuts. Oui, Indochine ne sera jamais The Cure, ni même Placebo, pourtant, les premiers, Robert Smith en tête, reconnaissent les similitudes historiques de leurs deux trajectoires, quand aux derniers, ils n’existeraient probablement pas sans Indochine, comme l’admet volontiers Brian Molko, présent sur le titre « Pink Water », probable futur single des aventuriers solitaires. Alors, oui, le groupe d’aujourd’hui n’est plus celui des débuts, mais tout comme celui des années galère, Indochine a su évoluer au gré des changements de personnel et même à affronter la mort de l’un de ses membres fondateurs, pour se retrouver au final à remplir des salles immenses et vendres des millions d’albums à un public aussi diversifié que passionné par ce son si caractéristique et cette voix qui semble parler à plusieurs générations d’adolescents, les jeunes comme les vieux.
Mais comment en est-on arrivé là? Un peu d’histoire est nécessaire pour bien comprendre le paradoxe Indochine.
Groupe formé au début des années 80, Indochine est constitué de quatre jeunes gens aux influences très diverses, se retrouvan autour de quelques thèmes fondateurs de ce que sera leur musique: soit une dose d’exotisme oriental, une fascination pour l’imagerie communiste, et beaucoup de sensualité exacerbée. Tout cela donne au final un groupe plutôt difficile à étiqueter, à la sexualité trouble, pour ne pas dire ambigue. La timidité de ses membres lors des premières interviews ne va pas aider les médias à comprendre de quoi il retourne, et les racines punk du groupe vont vite être oubliées après le joli petit succès en 1983 de « L’Aventurier », single d’anthologie aujourd’hui devenu l’une des chansons les plus connues de son temps.
Très vite, le groupe devient la coqueluche des jeunes, au même titre que Téléphone, qui bien que plus rock, en prendra aussi pour son grade face à des journalistes qui ne jurent que par la musique anglo-saxonne. Forcémment douteux, le succès d’Indochine ne cesse de croître, les singles qui suivent balisant la décennie avec quelques splendeurs aujourd’hui encore célébrées, tels « Tes Yeux Noirs », « La Machine A Rattraper Le Temps », « La Chevauchée des Champs de Blé » ou encore « Les Tzars ».
Les années 90 arrivant, Indochine perd Dimitri, saxophoniste et clavier, et continue à trois, radicalisant son propos pour se tourner vers une pop un peu plus rock dont le sommets seront « Le Baiser », « Punishment Park » et le très osé pour l’époque « Savoure Le Rouge ». Mais l’époque va se charger de leur jouer un bien villain tour, via un sketch assassin et hillarant (à la base destiné à l’éphémère groupe belge Partenaire Particulier) qui va se révêler l’équivalent d’une balle dans le pied. Indo devient indéfendable, honteux, persona non grata dans les médias. Le groupe accuse le coup sans vraiment comprendre ce qui se passe, et ça se ressent sur les compositions, quelques morceaux ratés, textes prêtant à la critique, album solo de Nicola Sirkis… Bref, l’insolence des débuts semble avoir disparu et seules les brillantes prestations live sauvent le groupe du naufrage annoncé. C’en est trop pour Dominique Nicolas, guitariste et compositeur principal, qui quitte le navire, pensant que le groupe ne lui survivra pas.
Mais les frangins Sirkis décident de riposter et, en 1996, balancent une bombe atomique nommée « Kissing My Song », histoire de remettre les pendules à l’heure. L’album « Wax », sortit dans la foulée, annonce une trilogie noire dont « Paradize » en 2001, marquera l’apothéose. Hélas, peu avant la sortie de leur chef d’oeuvre, le sublime « Dancetaria », oeuvre qui doit beaucoup à Jean-Pierre Pilot, clavier du groupe, Stéphane Sirkis meurt d’une hépatite foudroyante, laissant son frère Nicola seul maître à bord.
La suite est connue, entouré de Oli de Sat, brillant bidouilleur fan de Nine Inch Nails et Marylin Manson, Boris Jardel, guitariste rock de chez rock, Marc Eliard, fidèle bassiste des années creuses, et quelques autres, Nicola devient ce vampire de la pop que l’on connait aujourd’hui et « J’Ai demandé  A La Lune » balise la route jusqu’au bout d’une tournée monumentale de deux ans à guichets fermés qui se terminera dans un Bercy blindé et hystérique le 3.6.3.
Les médias finissent pas céder et célèbrent avec une réjouissante mauvaise foi le retour en grâce de ce groupe maudit et désormais intouchable.Au passage, la presse spécialisée fait son mea culpa et Indochine devient le chouchou de la scène la plus difficile qui soit, les goths.
Fin 2005, Indo, en pleine crise du disque, sort un double album incroyable et repart en mars sur les routes, avec pour objectif deux concerts improbables à Hanoï au Vietnam le 6.6.6.
Une histoire d’amour unique, ou plutôt un flirt sans fin, comme le titre d’un récent documentaire, tel serait le qualificatif qui sied le mieux à cette relation unique qui semble unir Indochine à son public.
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Une réflexion sur “INDOCHINE

  1. …qui semble unir Indochine à mon ami Fran et ce depuis mafois déjà fort longtemps… Bien sûre que j’ai contre-argumenté des minutes, heures, nuits vous dis-je!!! Sorte d’indo-sino-gérémiado pour adO, en plus y a trop de photos de Vashen fictim, non non tu lis bien… ça fait un peu Martine dans les feuilles d’automne, Martine avé lé cOpains sur le canapé, Martine veut plus marcher et se couche sur le bitume…… sans substances n’y essence, j’y laisserai bien tomber par inadvertance,  mon briquet à liquide inflammable…Cuni-lingus s’imopose! salut

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